Aida. Verdi. Marseille

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Aida.Verdi.Marsella
Opéra en 4 actes
Livret d’Antonio GHISLANZONI, d’après Camille DU LOCLE et Auguste MARIETTE BEY.
Création à l’Opéra du Caire le 24 décembre 1871.

C’est une ouverture de saison en demi-teinte que nous propose l’Opéra de MARSEILLE, avec AIDA de Giuseppe VERDI. Cette production de Charles ROUBAUD est toujours aussi belle et intéressante, mais en revanche quelques ratés au niveau vocal nous laissent un peu insatisfaits.
Commençons par ceux que je qualifierai de « points faibles » : Michele CAPALBO chante AIDA principalement en force au début de l’ouvrage, avec des notes très métalliques et fort peu agréables à entendre ; ensuite son chant s’affine pour nous offrir un air du Nil particulièrement bien en place et très émouvant.
Le rôle de RADAMES a été chanté pendant 3 soirées par Zoran TODOROVICH mais ce dernier, victime d’une allergie persistante, a dû laisser sa place à Gustavo PORTA qui a ainsi sauvé les trois dernières représentations. Il est toujours difficile de remplacer un collègue « au pied levé » et je me trouve donc très embarrassée pour écrire sur sa prestation. Néanmoins ce que je puis en dire c’est que ce ténor n’est pas fait pour chanter VERDI ; son timbre n’est pas désagréable mais sa technique est assez primaire et surtout elle n’est pas du tout en adéquation avec la ligne musicale encore imprégnée de romantisme. Sans doute serait-il plus à son aise dans le répertoire vérisme.
Côté « points forts » incontestablement la grande triomphatrice de la soirée est Sonia GANASSI qui nous fait entendre une AMNERIS de très haut niveau. Sa longue fréquentation des rôles belcantistes, dans lesquels elle excelle, lui permet de fournir une interprétation vocale et scénique frôlant la perfection. Son timbre chaud et suave, ses aigus percutants et incisifs mais jamais hurlés, son sens du légato et toute la palette des sentiments qu’elle exprime nous comble de bonheur.
A ses côtés le baryton italien Marco DI FELICE (AMONASRO) fait jeu égal avec sa compatriote en ce qui concerne l’art du beau chant. Il exprime tour à tour la violence, le charme, l’arrogance, la douceur avec une grande facilité ; sa ligne est précise, sa diction impeccable, sa musicalité exemplaire : quel plaisir d’entendre chanter ainsi !
Les rôles ayant moins d’importance tiennent parfaitement leur place et en particulier une très remarquée Grande Prêtresse de Ludivine GOMBERT ; non seulement elle a un physique de mannequin mais elle a surtout une voix mélodieuse et magnifiquement timbrée. Je souhaite adresser également un grand bravo aux remarquables danseurs qui nous ont offert un ballet tribal à couper le souffle. Le chœur et l’orchestre, soumis à rude épreuve dans cet ouvrage (comme souvent chez VERDI), ont encore donnés le meilleur sous la direction raffinée et précise de Fabrizio Maria CARMINATI et ceci pour notre plus grand bonheur : qu’ils en soient remerciés !
Aida2.Verdi.Marsella
Aïda : Michele CAPALBO
Amneris : Sonia GANASSI
La Grande Prêtresse : Ludivine GOMBERT
Radamès : Gustavo PORTA
Amonasro : Marco DI FELICE
Ramphis : Luiz-Ottavio FARIA
Le Roi d’Égypte : Philippe KAHN
Un Messager : Wilfried TISSOT

Orchestre et Chœur de l’Opéra de Marseille
Direction musicale : Fabrizio Maria CARMINATI
Mise en scène : Charles ROUBAUD
Décors : Emmanuelle FAVRE
Costumes : Katia DUFLOT
Chorégraphie : Laurence FANON
Lumières : Philippe GROSPERRIN
Corinne LE GAC – Opéra de Marseille 01/10/2013