Stabat Mater. Rossini. Paris

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Gianandrea_Noseda

STABAT MATER

Compositeur : Gioachino ROSSINI

1ère Partie :

Ouverture Guillaume Tell : Gioachino ROSSINI

Rossiniana : Ottorino RESPIGHI

On a tendance à considérer ROSSINI uniquement comme un compositeur d’œuvres lyriques mais ce n’est pas juste. Il a également composé des mélodies, des cantates, de la musique instrumentale et aussi des pièces sacrées telles que « La Petite Messe Solennelle » ou le « Stabat Mater » que nous offre ce soir le Théâtre des Champs-Elysées.

Le choix du TCE est particulièrement judicieux, mais ce qui l’est tout autant est de nous faire découvrir en première partie de programme ces petites pièces « Rossiniana » de RESPIGHI écrites en l’honneur de ROSSINI et d’après des opéras du Cygne de PESARO. L’autre choix, oh combien difficile, a été celui de l’ouverture d’un opéra de ROSSINI. Elles sont toutes très célèbres donc laquelle choisir ? Celle de Guillaume Tell fait partie des plus connues et sa particularité est de se composer de plusieurs thèmes très différents les uns des autres mais qui finissent par faire un tout très harmonieux.

Les « Rossiniana » de RESPIGHI sont une totale découverte en ce qui me concerne, et sans doute également pour une grande partie du public. Leur composition est variée, parfois d’influence très contemporaine, sans vraiment de liens entre elles mais fort agréables à écouter.

Avec la seconde partie nous entrons dans le recueillement avec ce STABAT MATER écrit pour 4 solistes, chœur et orchestre. Mon jugement n’engage que moi mais je trouve qu’au niveau de la direction du chœur et des musiciens nous avons frôlé la perfection. Le maestro NOSEDA a fait preuve d’une parfaite maîtrise des instrumentistes et des choristes, ce qui est loin d’être aisé dans ce type d’œuvre. Le chœur et l’orchestre du Teatro Regio de Turin a démontré une parfaite adéquation avec ce répertoire et nous a livré une œuvre à la fois profonde et grave mais jamais lugubre. Il ne s’agit pas ici d’une sorte d’opéra, comme peut l’être le Requiem de VERDI, mais bien d’une œuvre sacrée avec ses codes très précis et parfaitement illustrés par la musique de ROSSINI, qui nous transporte dans un état de recueillement immédiat. Un grand bravo donc au maestro NOSEDA ainsi qu’à l’orchestre et au chœur.

 Cette pièce est aussi écrite pour 4 solistes et le plateau qu’il nous a été donné d’entendre avait toutes les raisons de nous satisfaire. La soprano Erika GRIMALDI nous gratifie d’une voix puissante aux aigus percutants et d’une grande souplesse. la mezzo-soprano Daniela BARCELLONA semble un peu en retrait dans son duo avec la soprano, mais lorsqu’elle intervient seule dans la cavatine « Fac ut portem, christi mortem… » on ne peut qu’être sous le charme de la rondeur de son timbre, la profondeur de ses graves, la facilité dans les aigus : bref, une voix remarquable ! Qu’il s’agisse d’œuvres lyriques ou sacrées, on retrouve toujours ce que l’on peut appeler « l’air du ténor » avec souvent SA note finale. Ici encore le ténor sarde Piero PRETTI a eu la lourde charge d’interpréter (en tout début de programme) le très fameux « cujus animam gementem… » air chanté par de nombreux ténors avec plus ou moins de réussite. Il y a une montée en puissance et en difficulté assez incroyable pour une œuvre religieuse et il faut beaucoup de technique (et de courage aussi) pour arriver à la conclusion si redoutable. Ici le résultat a été très honnête et Piero PRETTI est doté d’un timbre agréable, d’une belle assurance dans son chant, et même si la fameuse note finale n’était pas parfaite il a su la rattraper et la conduire à son terme sans accroc majeur : qu’il en soit remercié. Le dernier intervenant est la basse Mirco PALAZZI dont la grande musicalité fait merveille dans ce répertoire. Il est belcantiste dans l’âme et c’est une évidence lorsqu’il entame son deuxième air « Eja, Mater, fons amoris… ». La spécificité des basses dites « Rossiniennes » est d’avoir une grande étendue vocale au détriment de graves moins profonds que chez VERDI par exemple, et nous en avons eu une parfaite illustration ici.

En conclusion ce fut une soirée très réussie qui s’est terminée par une distribution de chocolats de Turin, en quantité suffisante pour satisfaire l’ensemble du public enchanté de cette fort agréable surprise.

Je tiens à remercier le Théâtre des Champs-Elysées de nous offrir des spectacles d’une telle qualité, et je n’ai qu’un mot à ajouter : CONTINUEZ !!!

Corinne LE GAC

Samedi 20 Septembre 2014

 

Erika GRIMALDI (Soprano)

Daniela BARCELLONA (Mezzo-soprano)

Piero PRETTI (Ténor)

Mirco PALAZZI (Basse)

 

Direction musicale : Gianandrea NOSEDA

Chef de chœur : Claudio FENOGLIO

Orchestre et Chœur du Teatro Regio Torino