[Réédité] Stéphane Lissner planifie l’opéra du XXIe siècle

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[Réédité] Stéphane Lissner planifie l’opéra du XXIe siècle
Stéphane Lissner

Al’heure où il annonce la première saison de son cru, Stéphane Lissner définit pour nous sa vision de l’opéra actuel.

A quoi doit ressembler l’opéra du XXIe siècle ?

L’opéra doit regarder vers l’avenir et lutter contre toute forme d’immobilisme. Il doit s’occuper des grandes interrogations de l’humanité en prise directe avec notre temps. Pour ce faire, il ne peut se réduire à un divertissement musical, fût-ce sous la forme d’une permanence muséale de haut vol. La musique certes prédomine mais elle doit être accompagnée d’une exigence théâtrale. Et il existe des ouvrages qui permettent à des metteurs en scène de traiter les grands thèmes qui nous préoccupent. Moses und Aron nous parle de pouvoir, de religion et d’exode à un moment où plus de 50 millions de gens sont sur les routes. L’opéra de Schönberg ne parle pas d’autre chose et j’attends beaucoup du regard qu’y portera Romeo Castellucci.

L’opéra rencontre aussi aujourd’hui des problèmes de financement…

La France est heureusement un pays pour lequel le financement de la culture représente encore une valeur. L’Etat nous fournit 50 % de nos moyens et le reste provient de nos recettes propres. Pour les trouver, il faut que nos productions exercent un pouvoir d’attraction et une variété qui séduisent nos soutiens.

Dans quel sens ?

La programmation doit établir un équilibre entre la nécessité de raconter quatre siècles de répertoire tout en partant à la découverte d’œuvres méconnues ou nouvelles (Moses und Aron ou Lear d’Aribert Reimann). Mais nous donnerons aussi la grande trilogie de Verdi : La Traviata dans la mise en scène de Benoît Jacquot, Il Trovatore et Rigoletto dans des productions de la Fura dels Baus et de Claus Guth. Avec à l’affiche Sonya Yoncheva, Anna Netrebko et Olga Peretyatko, car notre public exige aussi d’entendre des grands chanteurs. Sans oublier de révéler de jeunes chanteurs.

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Serge Martin (Le Soir)